Quand des inconnu-e-s deviennent des cousin-e-s

Publié le 25 Avril 2014

Au départ, la généalogie consiste à remonter de génération en génération afin de découvrir qui sont nos ancêtres. Puis, très vite, on commence à s'intéresser aux frères et soeurs de nos ancêtres, nos grands oncles et nos grandes tantes. On se plaît à reconstituer chaque fratrie, puis à relever avec qui nos oncles et tantes se marient... Ainsi, la découverte de nouvelles familles est presque illimitée... 

C'est comme ça qu'on découvre de nouvelles branches, et par la même, de nouveaux liens de parenté, de nouveaux cousins. Partager sa généalogie, c'est aussi favoriser la création de liens nouveaux. Le sentiment éprouvé lorsqu'on contacte un ou une inconnu-e pour lui annoncer notre lien est assez particulier. Un mélange de contentement, de curiosité et d'inquiétude. Il arrive aussi régulièrement que ce soit vous que l'on contacte pour vous annoncer la bonne nouvelle. 

L'émergence et la popularité des sites de partage généalogique contribuent largement à ces rencontres plus ou moins originales. Quand j'ai commencé mes recherches, je suis tombé sur l'arbre de Christian, que je ne connaissais absolument pas. Apparemment, nous avions des ancêtres en commun, apparemment, nous étions cousins. Nous sommes cousins ! Sauf qu'en parcourant les générations jusqu'à aujourd'hui, je ne voyais pas mon arrière-grand-père... Ni mes grands-parents... En fait, nous n'existions pas pour lui. Christian semblait ignorer notre lignée. Après quelques échanges éléctroniques avec ce cousin octogénaire n'ayant qu'un an de moins que mon grand-père - ce dernier étant totalement déconnecté de tout outil informatique - je lui appris donc mon existence, celle de mes aïeux. Selon lui, il pensait que mon arrière-arrière-grand-père, Paul Fourcade (1876-1906) n'avait pas eu de descendance. Et pour cause, après son décès, sa veuve quitta Tlemcen avec sa fille aînée, abandonnant son deuxième enfant, mon arrière-grand-père, à une de ses soeurs. Ce qui ne devait être qu'un oubli de la part de Christian semble pourtant révéler plus de choses : si l'on en croit la mémoire familiale, une vraie rupture s'est produite à ce moment, au sein de la fratrie Fourcade.

D'autant plus qu'il semblerait - c'est, du moins, ce qu'on a toujours dit dans la famille - que l'on est proposé à mon arrière-arrière-grand-mère, Adèle Frances, à la mort de son mari, de récupérer le petit Paul afin de l'adopter... Mais auquel cas elle renonçait par la suite à tout droit sur son fils... Ce qu'elle refusa. Logique donc que le reste de la famille Fourcade n'ait eu aucune connaissance du destin de mon arrière-grand-père, parti de Tlemcen à l'adolescence pour rejoindre sa mère à Palikao, et de sa descendance.

Je continue de correspondre ponctuellement avec Christian, lequel m'a beaucoup apporté lorsque j'ai commencé mon travail généalogique. Depuis, j'ai bien sûr retrouvé d'autres cousins et cousines. 

Notamment une, Geneviève, qui m'a contacté il y a quelques mois sur Généanet. Après avoir vérifié nos liens effectifs de parenté - du côté de la branche de mon grand-père maternel - nous nous mettons à converser. Je me rends compte qu'elle habite Draguignan, dans le Var. Sachant que mes arrières-grands-parents Blanchard - parents de ma grand-mère maternelle - avaient habité non loin de là, à Fayence, sachant aussi que ma grande tante, soeur de ma grand-mère, avait effectué une grande partie de sa carrière d'institutrice à Draguignan... Je me lance : "connaîtriez-vous, par hasard, la famille Blanchard, qui habitait Fayence ?"... "Non, cela ne me dit rien" me répond-elle... La tête dans le guidon, je poursuis avec ma grande tante : "Et Eliane Jaulent, institutrice à Draguignan...?"

Voici sa réponse : "[...] le monde est extrêmement petit. Oui je connais très bien Eliane Jaulent et Régis ! Nous avons travaillé pendant 8 ans dans la même école [...] J'ai connu vos cousines Catherine et Françoise. L'an dernier, mon mari a connu le fils de Catherine, Thomas, lors du stage en entreprise qu'il a fait à la cave vinicole [...] Je n'avais pas fait le rapprochement avec la famille Blanchard, parents d'Eliane..."

Partager sa généalogie, c'est aussi la joie et la surprise de rencontrer des inconnu-e-s qui ne le sont finalement pas tant que ça...

 

 

À suivre dans le #Challenge AZ : quand la presse ancienne permet de créer des liens entre cousins...

Rédigé par Guillaume Chaix

Publié dans #Partager sa généalogie

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