Chronique de mes aïeux maternels (1)

Publié le 21 Avril 2014

Paul Jean Baptiste Fourcade est né le 7 avril 1906 à Tlemcen. Issu d’une famille franco-espagnole, il ne connaîtra jamais son père, Paul, lequel décède avant sa naissance, le 22 janvier 1906. Juste après la mort de son père, Adèle Cruz Frances rejoint son amour de jeunesse, Raphaël Gomez et déménage à Palikao, petit village d’Oranie. Adèle, alors mère de deux enfants - avant Paul, est née Paule Antoinette Fourcade, en 1905 - décide de ne partir qu’avec sa fille, laissant son fils à Tlemcen, chez une de ses sœurs.

Photo du dessus : Raphaël Gomez et Adèle Frances / Photo du dessous : Paul Fourcade à sa communion, Tlemcen
Photo du dessus : Raphaël Gomez et Adèle Frances / Photo du dessous : Paul Fourcade à sa communion, Tlemcen

Photo du dessus : Raphaël Gomez et Adèle Frances / Photo du dessous : Paul Fourcade à sa communion, Tlemcen

Paul grandit alors à Tlemcen, dans la ferme de son oncle et sa tante, va à l’école des Pères Blancs, chante au sein de l’Oprhéon Pomarien. À l’âge de 14 ans, contraint ou de son gré, il rejoint Palikao, sans pour autant vivre avec sa mère, son beau-père, sa sœur aînée Paule, et sa demi-sœur Simone, puisqu’il est accueilli en pension de famille. Entretenant visiblement des relations tendues avec sa mère et son beau-père, il apprend néanmoins auprès de ce dernier, le métier de coiffeur en commençant une période d’apprentissage. À 20 ans, il découvre la métropole pour la première fois de sa vie en effectuant son service militaire à Chaumont, en Haute-Marne.

Paul au moment de son service militaire à Chaumont (Haute-Marne)

Paul au moment de son service militaire à Chaumont (Haute-Marne)

Après être revenu en Algérie, Paul se marie le 2 juin 1928 avec Berthe Gauguet. Cette dernière est née le 8 mars 1906 à Mascara, non loin de Palikao. Si elle est reconnue à la naissance par son père, elle ne le connaîtra néanmoins jamais sa mère ayant refusé de suivre Albert Gauguet à Oran. Pauline Rieth, sa mère, a eu, avant Berthe, avec deux hommes différents, deux autres enfants : Yvonne Rieth, l’aînée, qui n’a pas été reconnue par son père ; et Albert Jullien. Bien que née à Mascara, Berthe grandit à Palikao.

Berthe Gauguet

Berthe Gauguet

Une fois mariés, et parents de leur premier enfant, Paul et Berthe quittent un temps Palikao et rejoignent Oran, où Paul exerce son métier de coiffeur. Ils n’y restent pas très longtemps. De retour à Palikao, Paul saisit l’occasion de reprendre un café-hôtel : avec sa femme, ils deviennent alors gérants du Café-Hôtel de France. 

Photo du dessus : Carte postale du Café-Hôtel de France, Palikao / Photo du dessous : Intérieur du café avec Paul Fourcade à gauche, un employé au centre, et Berthe Gauguet derrière sa dernière fille, Arlette, à droite.
Photo du dessus : Carte postale du Café-Hôtel de France, Palikao / Photo du dessous : Intérieur du café avec Paul Fourcade à gauche, un employé au centre, et Berthe Gauguet derrière sa dernière fille, Arlette, à droite.

Photo du dessus : Carte postale du Café-Hôtel de France, Palikao / Photo du dessous : Intérieur du café avec Paul Fourcade à gauche, un employé au centre, et Berthe Gauguet derrière sa dernière fille, Arlette, à droite.

 

Parents de six enfants à partir de 1945, ils quittent une première fois l’Algérie peu après 1954 et le début de la guerre d’indépendance en reprenant un restaurant à Pamiers, dans le département de l’Ariège. L’affaire n’étant pas une grande réussite, ils retournent à Palikao, avant de revenir définitivement en France moins d’un an plus tard - nous sommes à la fin des années 1950 - en s’installant à Toulouse, dans la Haute-Garonne.

Paul reprend son activité de coiffeur avant de prendre sa retraite. Il décède à Toulouse le 10 juillet 1997 à l’âge de 91 ans. Quelques années avant sa mort, il perd progressivement la raison. N’ayant qu’un souvenir de lui, puisque j’avais 7 ans lorsqu’il est mort, je me rappelle d’un homme affaibli, chantonnant des airs d’opéra. Mon arrière-grand-mère, Berthe, décède cinq ans plus tard, aussi à Toulouse, le 22 février 2002. Je me souviens d’une femme peu bavarde, observatrice, très pieuse, égrainant son chapelet discrètement en se balançant sur son rocking-chair. Sans doute faut-il que je précise l’amour profond qui régnait entre eux : rien n’aurait pu les séparer si ce n’est la mort. Berthe tiendra d’ailleurs, jusqu’à la fin, à garder son mari chez eux et s’en occupera, épaulée par une aide à domicile. 

Simone et Paul, à Port-aux-Poules (Marsat El Hadjadj aujourd'hui) en 1935 / Paul Fourcade à Palikao en 1959Simone et Paul, à Port-aux-Poules (Marsat El Hadjadj aujourd'hui) en 1935 / Paul Fourcade à Palikao en 1959

Simone et Paul, à Port-aux-Poules (Marsat El Hadjadj aujourd'hui) en 1935 / Paul Fourcade à Palikao en 1959

Rédigé par Guillaume Chaix

Publié dans #Mes ancêtres d'Algérie

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Hélène 23/04/2014

Il m'a toujours été dit que lorsque Paul Fourcade interprétait l'Ave Maria l'émotion nous envahissait, tout comme à la lecture de ce blog. Hélène